Rafraîchir son logement l’été : avec et sans travaux
Avec la récurrence des périodes de fortes chaleurs et de canicules, la surchauffe des logements est devenue une question très importante. Grâce à son expertise dans le domaine de l’habitat en climat méditerranéen, l’ALEC Montpellier Métropole vous conseille au mieux pour adapter vos logements. Qu’est-il possible de faire sans avoir à réaliser des travaux ? Fermer ses volets est-il vraiment efficace ? Qu’en est-il de la climatisation ? Et si on souhaite que son logement ne soit plus une bouilloire thermique, quels sont les travaux de rénovation à prévoir ?
Garder son logement frais l'été sans travaux
Si faire des travaux reste souvent la meilleure solution pour adapter son appartement ou sa maison aux fortes chaleurs, les rénovations demandent du temps et des ressources.
Faute de possibilité de rénover, il existe néanmoins des solutions faciles à mettre en oeuvre pour s’assurer d’avoir un logement frais (ou plus frais) tout l’été, et en période de canicule.
1. Limiter les apports solaires
Quand le soleil tape sur les vitres, il réchauffe votre logement. Pour limiter le réchauffement pendant la journée, fermez les volets / baissez les stores dès que le soleil tape contre les parois vitrées (à l’est le matin, au sud-ouest l’après-midi).
Si vous n’avez ni stores, ni volets, il est aussi possible d’installer un film réfléchissant sur les vitres. Vous pouvez également utiliser un drap / un rideau en l’accrochant en haut de votre fenêtre, côté extérieur, ou installer une toile d’ombrage sur votre balcon ou devant votre fenêtre.
Les rideaux intérieurs ont un effet très limité, car c’est en traversant le vitrage que le soleil réchauffe une pièce. A noter qu’il existe aussi des rideaux réfléchissants.

2. Ouvrir les fenêtres seulement quand il fait plus frais et sur-ventiler la nuit
On est parfois tenté d’ouvrir les fenêtres pendant la journée pour faire circuler l’air. Mais s’il fait plus chaud dehors que dedans : il ne faut pas ouvrir ! Vous ne feriez que laisser entrer la chaleur.
Utilisez 2 thermomètres. Placez en 1 à l’extérieur (à l’ombre) et 1 à l’intérieur. Ouvrez uniquement lorsque la température extérieure est inférieure à la température intérieure.
En complément, sur-ventilez la nuit pour amener de l’air frais dans le logement. C’est entre 5h et 7h du matin que la température est la plus basse (avant le lever du soleil).
Refermez les fenêtres et protections solaires dès que le soleil recommence à taper sur la façade ou que la température extérieure remonte.
3. Eviter d’utiliser les appareils électroménagers
Il est évident qu’utiliser ses appareils de cuisson (four, plaques…) en journée n’est pas une bonne idée si on veut rester au frais.
Sachez cependant que les grands écrans, ordinateurs, aspirateurs, et autres appareils électroniques dégagent également de la chaleur qui contribue à augmenter la température à l’intérieur.
4. Brasser l'air
Pendant la journée, brassez l’air de la pièce où vous vous trouvez, fenêtres fermées.
Le ventilateur portable est le moins coûteux et le plus facile à mettre en place. Si vous en avez la possibilité, installez un ventilateur de plafond, beaucoup plus efficace. Le brassage sera plus lent et régulier, plus agréable et mieux réparti.
En faisant circuler l’air, les ventilateurs permettent de baisser la température ressentie de 1 à 3 °C. Attention cependant, aucun ventilateur ne peut faire baisser la température réelle.
C’est pour cela qu’il est inutile de laisser tourner un ventilateur si vous n’êtes pas dans la pièce et que les fenêtres sont fermées.
Et pour rafraîchir l’air ?
Si vous faites sécher votre linge à l’intérieur, l’évaporation de l’eau refroidit la pièce ! La contrepartie est que l’humidité ambiante augmente, ce qui peut aussi augmenter la température ressentie. A utiliser avec parcimonie et avec une ventilation efficace du logement. Le mieux est de contrôler le taux d’humidité de la pièce avec un humidimètre et d’éviter cette astuce si l’humidité de l’air est déjà très élevée.
Les rafraîchisseurs d’air fonctionnent sur le même principe et permettent de baisser la température de quelques degrés. Par conséquent, ils sont les plus efficaces lorsque le climat est sec. Pour en savoir plus sur ces appareils, consultez cet article de Que Choisir.
5. Faites appel au pouvoir des végétaux !
Si vous avez un balcon ou un jardin, n’attendez pas l’été prochain pour végétaliser ! Privilégiez les plantes grimpantes (sur les murs, une pergola, un treillis…) et les plantes connues pour pousser rapidement (des bambous en pot par exemple). Votre futur mur végétal vous protégera du soleil durant les prochains étés et l’évapotranspiration créera une sensation de fraîcheur.
Pour avoir du soleil en hiver, choisissez des plantes dont les feuilles tombent en automne.
Et la climatisation ?
Lorsque la canicule s’installe et que la température la nuit ne permet plus de rafraîchir son logement, faire appel à la climatisation est la dernière solution. Parce que la climatisation participe à la création d’îlots de chaleur urbains en dégageant la chaleur à l’extérieur (et participent donc au réchauffement des villes), nous vous encourageons à l’utiliser de façon raisonnée et en la couplant avec les bons gestes décrits plus haut.
L’aération nocturne est notamment essentielle pour limiter votre consommation. En sachant qu’il vaut mieux ouvrir trop tôt le soir que trop tard (source : conférence « Climatisation et sobriété » par Thierry Salomon, vice-président de négaWatt).
Nous vous conseillons bien évidemment d’investir dans un appareil performant, pour l’efficacité du rafraîchissement, vos factures d’électricité et l’impact sur l’environnement. Vous pouvez programmer son utilisation en fonction de votre présence chez vous. Sachez qu’un climatiseur mobile consomme en moyenne 3,5 fois plus qu’un climatiseur fixe (pompe à chaleur air/air) et 30 fois plus qu’un ventilateur.
A quelle température régler sa clim ?
Régler sa clim à 16 °C ne la rend pas plus efficace.
Lorsqu’il fait plus de 30 °C à l’extérieur, nous vous recommandons de régler la température entre 26 °C et 28 °C. L’utilisation d’un ventilateur de plafond en complément de la climatisation permet de mieux diffuser la fraîcheur et d’encore plus baisser la température ressentie.
Régler sa clim 1 °C plus haut permet de faire quelques économies sur sa facture d’électricité !
Si vous avez un climatiseur mobile avec un conduit à faire passer par la fenêtre, il est essentiel de trouver un système pour limiter l’ouverture de la fenêtre et donc l’entrée de la chaleur.
Si vous avez un climatiseur fixe, gardez les portes et les fenêtres fermées !
A noter que votre climatiseur demande un entretien régulier pour éviter les fuites des fluides frigorigènes très nocifs pour l’environnement. L’entretien des pompes à chaleur par un professionnel est obligatoire tous les deux ans.
Laisser sa clim allumée en continu permet de consommer moins d’électricité ?
Non !
Contrairement aux idées reçues, la clim réversible ne fonctionne pas comme un chauffage central avec des radiateurs qui mettent parfois plusieurs heures à réchauffer un logement. Elle va souffler de l’air frais immédiatement après l’allumage ! Si vous laissez la clim allumée en votre absence, vous consommez de l’électricité inutilement.
Allumez la clim en arrivant chez vous, la pièce se rafraîchira en quelques minutes, ou encore mieux : programmez votre clim pour qu’elle s’allume un peu avant votre retour.
Faire des travaux pour adapter son logement aux fortes chaleurs
Si les bonnes pratiques ne suffisent pas pour rester confortable chez soi l’été (et l’hiver !) ou que les factures d’électricité dues à la climatisation sont trop importantes, la solution est de rénover le bâtiment dans son ensemble.
Mise en place de protections solaires au niveau des vitrages :
- volets isolants, évitez l’aluminium (même s’il est vendu comme étant « isolant ») ! Privilégiez le bois, ou si ce n’est pas possible le PVC ;
- persiennes à projection en bois ;
- brise-soleil ;
- stores bannes de balcon ou toiles d’ombrage pour les terrasses ;
Et choisissez des couleurs claires !
Un bâtiment de couleur claire :
C’est prouvé, les couleurs claires (et en particulier le blanc) réfléchissent la lumière grâce à l’effet albédo. Ainsi, une partie du rayonnement solaire est réfléchi au lieu d’être absorbé par le bâtiment.
- Privilégiez un enduit clair pour les murs extérieurs
- Choisissez une peinture blanche pour la toiture terrasse
- Repeignez vos volets avec une couleur claire
Les maisons en Grèce ne sont pas blanches par choix purement esthétique, le blanc fait réellement une différence !
Isolation du logement :
Est-ce qu’un logement avec une étiquette énergie A protège de la chaleur l’été ?
Malheureusement non, pas systématiquement. L’étiquette énergie ne tient pas compte du confort d’été. Une maison classée A peut donc être une bouilloire thermique.
Seule la RT2020, pour les bâtiments neufs contruits après 2022, prend en compte la surchauffe estivale.
Pourquoi ? L’hiver, l’isolation permet de garder la chaleur produite à l’intérieur. L’été, lorsque la chaleur pénètre le bâtiment – certes, plus lentement grâce à l’isolation – , elle ne peut pas s’évacuer (effet bouilloire). Il est nécessaire d’avoir un système adapté pour évacuer cette chaleur (ventilation, entre autres), et de prendre en compte les conseils précédents pour limiter les apports de chaleur à l’intérieur du logement.
Pour améliorer le confort d’été (et d’hiver par la même occasion), il est nécessaire d’isoler. Mais pas n’importe comment !
- L’isolation par l’extérieur est à privilégier par rapport à l’isolation par l’intérieur ;
- Les isolants bio-sourcés sont plus denses. Ils freinent la progression de la chaleur et mettent plus de temps à la rejeter. On dit qu’ils ont un « temps de déphasage » plus important ;
- Le type de paroi a un grand impact. Moins la paroi est dense et plus l’isolation fera une différence. Si la paroi est très dense (par exemple en pierre), l’isolant – même bio-sourcé – n’aura que peu d’effet sur la capacité du logement à rester frais.
Mise en place d’une ventilation adaptée :
C’est le plus important pour aider le logement à évacuer la chaleur. On peut la favoriser avec :
- une VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée) ou VMR (Ventilation Mécanique Répartie) capable d’assurer une sur-ventilation nocturne ;
- des aménagements pour vous permettre d’ouvrir les fenêtres la nuit en toute sécurité (oscillot battants, grilles de défense, moustiquaires…) ;
- des brasseurs d’air (plafonnier ou colonne de ventilation).
Autres solutions :
- pergola ;
- murs végétalisés ;
- toiture végétalisée ;
- isolation des plancher bas ;
- remplacement des cloisons légères par des cloisons en terre crue ;
- puits climatique (puits canadien) ;
- refroidissement adiabatique (brumisateur).
Ne pas oublier les parties communes en copropriété
Des parties communes qui surchauffent contribuent à réchauffer les appartements l’été. Il est nécessaire de penser à installer des protections solaires sur les fenêtres et baies vitrées des parties communes pour que l’ensemble du bâtiment reste confortable pendant les périodes de fortes chaleur.
Pour aller plus loin :
- Un guide de l’ADEME sur le confort d’été ;
- Un Café Climat de l’ALEC sur le confort d’été en logement individuel (juin 2026) ;
- Un webinaire de l’ALEC sur le confort d’été en copropriété (juin 2025) ;
- Un article de l’ADEME sur comment choisir sa climatisation ;
- La page de notre site sur les ventilateurs de plafond ;
- Notre conseil du mois (juin 2020) sur l’isolation et la ventilation nocturne ;
- La page de notre site dédiée à l’isolation.



